COPYRIGHT:  Décembre 2007 - Jacques Simon TIMOTEI
Bibliographie Livre d'or ***
 

 

 

 COUTUMES ET CROYANCES CORSES

LA MEDECINE

A MEDICINA

 

Vous pouvez écouter sur cette page un extrait de la chanson "U custume" interprétée par Antoine CIOSI

 

 

En 1656, la peste qui faisait des ravages à Gènes risquait de franchir la mer. La ville d'Ajaccio fut placée sous la protection de Notre Dame de la Miséricorde et la ville fut épargnée. Depuis, le 18 mars de chaque année, jour de l'apparition de la vierge à Savone en 1536, Ajaccio, rend hommage à la madone.

Les croyances avaient la vie dure; même quand la médecine officielle a fait son apparition, vers le XVIème siècle, on a continué à avoir recours au savoir populaire.

Les Corses, s'en sont toujours remis aux saints, lorsque la médecine s'est révèlée impuissante à guérir leurs maux. L'île, de par sa situation géographique et stratégique en méditerranée était particulièrement exposée et les bateaux qui atteignaient nos côtes apportaient avec eux leurs lots de désolation comme la peste, la gale, la lèpre (XIV, XVII, XVIII ème siècle), la syphilis (XVIème siècle) que l'on appelait u male francese, le cholera ou la diphtérie (XIXème siècle).

 

L'anecdote suivante montre à quel point la population était démunie face aux épidémies.

En septembre 1799, Napoléon revenant de sa campagne d'Egypte, pays alors infesté par la peste, débarqua à Ajaccio avec ses soldats. En guise de protection contre le terrible fléau, on apporta sur la plage un tonneau de vinaigre, dans lequel les membres de l'équipage eurent à tremper leurs mains.

A Aléria, plus que partout ailleurs, le fléau de la malaria fit de nombreuse victimes et fut à l'origine d'une expression encore usitée par les anciens pour parler de quelqu'un qui a mauvaise mine : "Pare ch' ell' abbia fattu a stagione in Aleria ! " (on dirait qu'il a fait la saison à Aléria). Dans beaucoup d'endroits de la plaine orientale, à Mariana, à Biguglia, aux embouchures des fleuves, dans les étangs, à Diana, à Urbino, l'aria gattiva sévissait. La population fuyait dans la montagne mais les mauvais vents, comme le Sirocco et la tramontane la rattrapait. Seul le libecciu, apportait un peu d'espoir.

Démunis, impuissants, pour se protéger contre ces maladies, on avait recours à la prière, à la magie, à la sorcellerie, aux plantes "miraculeuses" et autres grigris. Ainsi, pour protéger les enfants contre les vilaines maladies, on leur faisait porter autour du coup, un collier de gousses d'ail.

 

La rareté de l'argent, les difficultés liées à l'éloignement, faisaient qu'on ne faisait appel au "Jo duttore" qu'en cas d'ultime nécessité; d'ailleurs, ce dernier arrivait bien souvent trop tard.

Et puis, parce qu'on n'accordait qu'une confiance limitée au médecin communal qui soignait à coup de quinine, de sangsues, de saignées, de tisanes purgatives et autres décoctions, on préférait, avoir recours aux plantes (comme l'erba bianca pour soigner les hémorroïdes, le basilic, l'ellébore, le buis, le romarin, le ricin, le sureau, l'ortie, etc...)  et au savoir populaire: à la signadora pour se faire enlever le "mauvais oeil", à l'accunciadore (rebouteux) pour remettre un os en place, soigner un mal de dos, réparer une jambe cassée, au stazzunaru (forgeron) pour se faire arracher une dent, à la mamana (matrone) ou accoucheuse, qui pratiquait les accouchements dans des conditions d'hygiène très rudimentaires.

Bien souvent, l'ignorance aidant, une femme ne s'apercevait qu'elle était enceinte qu'à un stade très avancé de sa grossesse. Les familles étaient nombreuses et il était courrant qu'une mère mette au monde de 7 à 11 enfants, sans compter ceux qui étaient mort-nés à la naissance ou qui n'avaient pas survécu bien longtemps.

 

image source Gallica

Vers le milieu du XIXème siècle, les vertus des eaux ferrugineuses d'Orezza avaient atteint une réputation nationale.

 Les curistes y étaient envoyés pour soigner leurs maux d'estomac, leurs maladie de peau, la goutte, l'hystérie.

 

Enfin, les eaux ferrugineuses ou sulfureuses de Caldaniccia (près d'Ajaccio), de Gagnu, de Petra-polla, de Puzzichellu (sur Aleria), de Guitera, ont été depuis le temps des romains, un élément important dans la manière de se soigner.

Les Corses, eux, quand le mal nécessitait de partir sur le continent pour une opération, préféraient l'Italie à la France en raison de la distance et d'une plus grande confiance dans la médecine Italienne.

 

 

Me contacter

Haut de page

Dernière mise à jour pour cette page : 29 octobre 2016