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PERSONNAGES CELEBRES

 

PASQUALE DE' PAOLI

(1725-1807)

 


 

Antonio Filippo Pasquale de' Paoli  est né le 5 (ou le 6) avril 1725 dans un petit hameau de Morosaglia qui se nomme Stretta. Il est le dernier né des 4 enfants (Clemente, Maria Francesca et Maria Chiara) de Giacinto de Paoli et de Dionisia Valentini.

Il a 14 ans lorsque le 07 avril 1739, son père Giacinto, contraint de s'exiler à Naples avec une trentaine de compagnons dont Luigi Giafferi, l'emmène avec lui tandis que son frère aîné Clément  (28ans) reste au village pour subvenir aux besoins de la famille et assurer la gestion du patrimoine.

A l'âge de 16 ans, il s'engage dans l'armée napolitaine où il débute comme cadet dans le régiment Corsica qu'entretient le nouveau roi de Naples et dans lequel son père a été nommé colonel.

Après avoir fait ses études à l'université de Naples et à l'académie royale militaire d'artillerie qu'il quittera en 1749, il ira servir dans le Royal-Farnese à Syracuse puis à l'île d'Elbe. En 1754, à l'âge de 29 ans, il est nommé sous-lieutenant et participe à la pacification de la Calabre et à la lutte contre le banditisme en Sicile.

Répondant à l'appel de son frère Clemente, il démissionne de l'armée napolitaine et revient dans son île natale en 1755 pour prendre la tête de de la révolution malgré l'avis de son père qui restera à Naples et qu'il ne reverra plus.

 

 Chronologie des évènements de 1729 à 1769

 

Les meurtres, au début du XVIII ème siècle, ainsi que les actes de brigandage étaient fréquents dans l'île où les autorités de la Sérénissime avaient recensé 28715 homicides au cours des 32 années précédentes, soit une moyenne annuelle de 900 assassinats. Il est à souligner que lors de la première Consulta à Caccia les 26 et 27 septembre 1745, deux pacificateurs furent nommés pour tenter d'enrayer le terrible fléau de la vendetta.

 

A la consulta de  Sant'Antonio della Casabianca  le 15 juillet 1755, Paoli est élu Chef  général économique et politique du Royaume de Corse. L'administration de la Justice  a été la première mission à laquelle il s'est consacré avant la lutte contre les génois. D'importantes mesures sont prises pour lutter contre le banditisme. Il est décidé qu'une commission ambulante fera à partir du 03 août suivant une tournée générale pour rechercher et punir les auteurs des crimes commis depuis peu. Le général disposera pour cela d'un pouvoir illimité.

Les 16,17 et 18 novembre  à Corti, ces mesures sont renforcées par une organisation constitutionnelle et la mise en place d'une justice pénale : Nomination de paceri et d'un juge par piève, institution de la peine de mort pour l'assassin.  L'ensemble de ces mesures, par sa sévérité et sa rapidité, sera dénommé "Giustizia Paolina". La consulta du 20 mai 1766 renforça puissamment ce dispositif de répression en publiant un véritable Code pénal.

 

 

Morosaglia, village natale de Pasquale de' Paoli

 

Mais tout restait à faire : il fallait se débarrasser des occupants, faire naître une volonté patriotique unitaire, établir une justice impartiale, promouvoir l'agriculture et le commerce, assurer le ravitaillement, distribuer l'enseignement, battre monnaie, récolter des ressources financières, bâtir des routes, mettre sur pied des milices, lancer une marine, enfin faire participer tout un peuple à l'élan exaltant qui se donnait pour but la souveraineté de la patrie et la liberté de ses fils. 

Avançant à pas lents sur une terre où les passions l'emportaient souvent sur la raison, Paoli fit adopter le principe d'une constitution. Cette constitution avant-gardiste, est la première d'Europe et même si  l'on doute qu'elle puisse avoir servi de modèle à la constitution américaine, elle n'en demeure pas moins unique en son genre. Par exemple, dans la constitution Corse, tous les citoyens hommes et femmes (même les étrangers) peuvent voter à partir de 25 ans. Il faut souligner que le droit de vote aux femmes n'interviendra dans la constitution Française qu'en 1947.

 

Pascal Paoli mènera une politique intensive de développement économique, industriel et commercial de la Corse :

- Intensification de l'agriculture. (il développera particulièrement la culture de la pomme de terre introduite dans l'île par Marbeuf, ce qui lui vaudra le surnom de "Générale delle patate").

- Assèchement des zones marécageuses.

- Développement de l'artisanat.

- Développement du réseau routier (il est utile de rappeler qu'à cette époque on ne se déplace qu'à cheval, à dos d'âne ou de mulet)

- Prospection des carrières et des mines.

1758- Création de la ville et du port d' Isula Rossa.

1760- Création d'une imprimerie nationale à Campulori et parution du premier journal officiel de la Corse "Raggagli dell'isola di Corsica".

1761- Création du papier timbré.

1762- La tête de Maure devient l'emblème national du Royaume de Corse.

- Création d'une flotte marchande à Centuri et à Farinole. Les navires arborent le pavillon à tête de Maure reconnu par la Toscane, la France et la sardaigne.

1765- Développement de l'enseignement en langue Italienne et création de l'université de Corte.

1767- Création d'un hôtel des monnaies à Orneto di Tavagna avant d'être transféré à Murato puis enfin à Corte (capitale de la Corse).

- Création de manufactures d'armes.

- Création d'une armée du Royaume de Corse.

 

L'oeuvre de celui qui deviendra plus tard u babbù di a patria (le père de la patrie) s'achèvera le 09 mai 1769 par la bataille de Ponte Novu qui met fin à un rêve d'indépendance. Le 21 septembre 1769, Paoli s'exile à Londres.

Vingt ans plus tard, le 30 novembre, sur proposition du député corse Salicetti, l’Assemblée décrète que « l’île de Corse fait partie de l’empire français et que ses habitants sons régis par la même constitution que les autres Français », tous les Corses forcés de s’expatrier pour avoir défendu leur liberté pourront regagner l’île sans être inquiétés. L’acte de 1768 est effacé en dépit de la protestation génoise.

 

La Corse est vraiment française en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Pasquale Paoli (initié franc-maçon, le 15 juin 1778, au sein de la Loge "Les Neuf Muses n° 325" de Londres), rappelé de son exil londonien, est reçu en triomphateur à Paris comme un martyr de la liberté ; il est accueilli par la Constituante, honoré par Lafayette, Mirabeau, Robespierre, et acclamé par le peuple.

De retour en Corse, il est sollicité par Napoléon qui veut exporter la révolution Française dans l'île. Mais Paoli qui ne l'aime pas car il le trouve trop arrogant et trop présomptueux, se méfie de lui.

L'expédition manquée contre la Sardaigne en janvier 1793 à laquelle participe le légendaire Angelo Matteo Bonelli dit" Zampaglinu", la trahison de Napoléon le 02 mai 1793, séparent définitivement le destin des deux hommes.

La nomination d'un vice Roi du royaume de Corse après la bataille livrée dans les eaux Corses par l'amiral Nelson en 1794, contraignent de nouveau le vieux général à s'exiler à Londres où il meurt le 05 février 1807 à l'âge de 82 ans, célibataire et sans lignée familiale. Son cercueil exhumé du cimetière de Saint-Pancrace le 31 août 1889 sera ramené en Corse dans sa maison natale du hameau de Stretta à Morusaglia le 07 septembre 1889.

Translation des cendres de Pasquale Paoli de Londres à Morusaglia.

 

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A propos de la bataille de Ponte Novu Voltaire écrira:

 « L'arme principale des Corses était leur courage. Ce courage fut si grand que dans un de ces combats, vers une rivière nommée Golo, ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de recharger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres. »

     

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Date de mise à jour pour cette page : 10 décembre 2017