COPYRIGHT:  Décembre 2007 - Jacques Simon TIMOTEI
 

PERSONNAGES CELEBRES

 

SAMBUCUCCIU D'ÀLANDU

(?-1370)

 


 

A la limite de la légende, l'histoire parfois romancée de Sambucucciu reste une période obscure et controversée de l'histoire de la Corse du moyen âge que la tradition orale nous a rapporté.

 

Il n'existe malheureusement pas beaucoup d'éléments sur Sambucucciu dont on ne connaît l'existence qu'à travers les récits des célèbres historiens de la Corse que sont Giovanni Della Grossa et Pietro Cirnéo.

Probablement notable et gros propriétaire terrien, Sambucucciu est originaire du village d'Àlandu dans la piève du Boziu,  mais on ignore s'il y est né et à quelle date puisque certains historiens n'en parlent même pas et d'autres le font apparaître d'abord au XIème siècle puis au XIVème siècle. On retrouve cependant la trace du personnage dans les documents administratifs de Gênes datant de 1370. On  pense qu'il serait mort de la peste cette année là.

 

Sans qu'il soit vraiment possible de faire la part du vrai et du faux, on sait cependant qu'une crise profonde frappe la société corse du XIVème siècle. La puissante domination des seigneurs féodaux écrase les gens du peuple. Exploités, opprimés, spoliés sans vergogne, ces derniers se réunissent en assemblée et élisent pour chef un certain Sambucucciu qui prendra en 1357 la tête de la révolte anti-féodale.

Cette révolte commencée dans l'Al di quà dei monti, fut si soudaine et la population entraînée par Sambucucciu si déterminée, que bientôt la quasi totalité de l'île, à l'exception des présides de Bonifacio et de Calvi, fut occupée et les châteaux des seigneurs furent totalement détruits.

Cette période que l'on appela "tempu di a terra di u cumunu", fut en fait une révolte des notables ruraux contre les seigneurs féodaux et eut d'ailleurs pour conséquences la reddition volontaire de la Corse à Gênes et la première pacification de l'île.

 

Mais la guerre civile recommença avec une rébellion antigénoise des féodaux; les seigneurs déchus tentèrent par tous les moyens de retrouver leur seigneurie. L'instabilité politique, aggravée par la famine et la peste noire qui n'épargnait pas notre île força Sambucucciu à continuer de se battre pour faire triompher la paix et la justice. Il fit à nouveau appel à Gênes car, aux dires de Piétro Cirnéo, les corses fatigués de ces interminables luttes prièrent les génois de venir gouverner leur île... Quelques citoyens de Gênes fort riches se réunirent pour envoyer des troupes en Corse. La société qu'ils formèrent s'appelait La Maona.

Avec elle ce fut à nouveau la pacification définitive et brutale.

 

Les Corses se donnèrent donc à Gênes à la condition de n'être pas obligés de payer plus de vingt sous par feu chaque année et de n'avoir pas à supporter d'autres impôts. En échange, Gênes promettait de leur apporter son aide et sa protection. Pour maintenir l'ordre, elle créa des statuts de bon sens en veillant à ce que les mesures édictées ne soient pas contraires aux coutumes locale ancestrales.

 

Le rôle de Sambucucciu qui incarne la révolte populaire Corse a été amplifié par les historiens modernes qui ont vu en lui le libérateur du peuple et un législateur; mais, il n'existe ni tradition, ni document qui appuie cette opinion, née au XVIIIe siècle. Le peuple l'avait choisi pour le diriger contre les seigneurs ; par deux fois, Sambocuccio négocia avec la République l'envoi d'un gouverneur, et représenta très probablement le parti populaire à Gênes où des actes notariés signalent sa présence. En Corse, il semble n'avoir exercé que les fonctions de conseiller du gouverneur qu'il partageait avec six autres insulaires".

C'est cependant grâce à la révolte du peuple mené par Sambucuccio que la Corse devient génoise et que la paix put s'installer durablement.

En cela, il est considéré comme le premier révolutionnaire et le premier héros de l'histoire de la Corse.

 

     

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Date de mise à jour pour cette page : 18 août 2018