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Bibliographie Livre d'or ***
 

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CALDANICCIA

NOS STATIONS THERMALES IGNOREES

Publié dans "La Corse touristique" en janvier-février de l'année 1933

 

La source de Caldaniccia est située au confluent de la plaine alluviale de la Gravona et de Cavallu Mortu, à un peu moins de 9 kilomètres d'Ajaccio par la route, et à 50 mètres de la première station du chemin de fer d'Ajaccio à Bastia.

Elle sort du granite granulitisant qui constitue le mamelon du Monte Sant'Angelo et est plus chargée en sulfure de sodium que les eaux de Guagno ou de Pietrapola.

Une analyse effectuée en 1836 rapporte que la thermalité de cette eau sulfureuse sodique varie de 25° à 40° centigrades avec une température moyenne de 34,4 degrés. Les eaux émergent de cinq sources dont le débit est de 20.000 litres par 24 heures et de 14 litres par minute. C'est une eau limpide, incolore, inodore, d'un goût légèrement amer et salé. Elle est relativement peu utilisée, malgré sa proximité d'Ajaccio, la malaria rendant inhabitable la plaine du Campo dell'Oro de juin à octobre.

 

L'établissement de Caldaniccia est d'ailleurs assez primitif ; il es composé de 20 cabines avec des baignoires en zinc dont 4cabines à deux baignoires.

Les indications thérapeutiques des eaux de Caldaniccia sont les suivantes:
1° Les rhinites chez les scrofuleux, les pharyngites et les angines chroniques.
2° Les laryngites chroniques à forme torpide, les laryngites granuleuses, le catarrhe bronchique, la tuberculose chronique sans hémoptysies.
30 La dyspepsie nervo-motrice, la dyspepsie atonique.
40 Le rhumatisme léger chez les sujets nerveux, excitables, la goutte atonique.
5° Le catarrhe vésical chronique, les engorgements de la prostate, la blennorragie chronique.
60 Les dermatoses simples, l'eczéma chronique.
7° Les métrites chez les femmes lymphatiques ou à tempérament nerveux, les périmétrites, la métrite du col, la dysménorrhée avec état névropathique.
8° Les états scrofulo-lymphatiques, les enfants lymphatiques avec végétations adénoïdes.

 

La source est déclarée d'intérêt public depuis le 2 décembre 1832.

La caractéristique de ces eaux thermales est toujours la suivante : situées à quelques kilomètres d’Ajaccio, à moins d'une demi-heure d’auto ou de chemin de fer du chef-lieu du département, il n'y a peut-être pas de source thermale moins fréquentée que Caldaniccia. De ce point de vue qui avait fait naître tant d'espoirs, l'échec de la station, seulement fréquentée par quelques douzaines d'Ajacciens en été, a été complet.

On peut dire qu'il s'explique, si paradoxal que cela paraisse, du fait même de la proximité de la ville. L'époque venue des saisons balnéaires, les gens recherchent en même temps le bain thermal propice au traitement des rhumatismes et la cure de repos et de montagne. A cette catégorie d'usagers, Caldaniccia, donc, ne convient pas : elle est trop près de la ville, et en plaine.

Et pourtant, cette proximité reste un élément d'exploitation, car il existe pour Caldaniccia une clientèle en puissance, qui est celle des gens qui n'ont pas ou les moyens ou le temps de s'absenter complètement durant la durée normale d'une saison thermale, A cette clientèle, qui sentirait avant tout le besoin des bains d'un point de vue strictement thérapeutique, Caldaniccia doit pouvoir offrir certaines commodités.

Elle ne les a pas par le chemin de fer puisque le dernier train du soir – le direct Bastia-Ajaccio - ne s'arrête pas à Caldaniccia ; il faut donc que les usagers qui y vont par les trains du matin retournent à Ajaccio aux chaudes heures de la canicule, par celui de 2 h. 30. Cet inconvénient signalé, il y a celui de l'état un peu vétusté des bains et de l'ennui profond de pleines heures à passer dans la brousse desséchée de Caldaniccia.

 

Si l'on voulait tenter un effort pour donner aux eaux thermales de Caldaniccia l'essor qu'elles méritent, nous y contribuerions volontiers en attirant l’attention du public sur ses caractéristiques diverses.

Ces eaux sont de connaissance récente, par rapport, à celles de Guitera, de Guagno, de Pietrapola, de Puzzichello, d'Orezza, et même d'Urbalacone, de Caldane et de Baraci.

C'est par hasard qu'elles furent découvertes en 1831, sur la partie du territoire de la commune de Sarrola-Carcopino qui confine à celui d'Ajaccio, au pied d'un mamelon, à quelques mètres de la Gravona.

Dès 1839. un industriel continental en demanda au propriétaire, qui était le département, la concession. Le conseil général la lui accorda avec un périmètre de protection.

Aux termes du contrat, le concessionnaire s'était obligé à capter les eaux, à édifier un bâtiment thermal et à y adjoindre un vaste hôtel suivant un plan préparé par l'architecte départemental, et comprenant chambres de repos pour les baigneurs, salon de lecture et de conversation, salle de billard, restaurant, promenades ombragées, jardins avec tonnelles...

Comme on le voit, le plan prévoyait toutes les commodités, notamment pour un séjour diurne, destiné aux Ajacciens qui seraient rentrés coucher en ville.

 

Le concessionnaire ne poussa pas ce programme plus loin que la première partie. On voit encore le pavillon en rotonde qu'il construisit pour emprisonner la source au milieu, édifia les cabines et même construisit, sur le mamelon, l'hôtel. Mais il n'alla pas plus loin, les résultats ne répondant pas à la dépense qu'il avait faite. En 1850, il cédait ses droits à un autre concessionnaire, de Marseille, qui, à son tour, et plus rapidement encore, abandonna la partie.

 

Or, presque dans le même temps, une station continentale possédant les mêmes caractéristiques que Caldaniccia s'organisait : Eaux-Bonnes, dans les Basses-Pyrénées, un insignifiant village perdu dans la montagne, lançait ses eaux, et l'on sait ce que celle station est devenue : une des plus riches de France. Eaux-Bonnes avait l'avantage de sa situation continentale, sans doute ; mais, toutes proportions gardées, Caldaniccia, à quelques kilomètres d'Ajaccio,  eût pu avoir un meilleur sort, si la clientèle n'avait pas été effrayée par la crainte du paludisme.

 
 

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Date de mise à jour pour cette page : 03 décembre 2017