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Bibliographie Livre d'or ***
 

 

 

AJACCIO D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

UNE CITE GENOISE

 

Vous pouvez écouter surcette page un extrait de "GUITARES CORSES"

 

 

Dans l'antiquité, bien avant le XVème siècle, une cité que l'on appelait Urnicum s'étendait entre l'actuel oratoire de Sainte Lucie et la colline de Castel-Vecchio au lieu dit "les vignes de Saint-Jean". Des vestiges archéologiques découverts à l'emplacement de l'usine Alban, ou le sarcophage du bon pasteur découvert en 1938 en témoignent.

 

LA NAISSANCE DE LA CITE GENOISE ET LA CITADELLE

En 1486, l'office de Saint-Georges décida que la cité insalubre, située au fond du golfe sur le territoire de San Giovanni, dévastée par les invasions barbares et ravagée par le paludisme, serait abandonnée pour un endroit plus sain et plus facile à défendre. L'ingénieur chargé de tracer le plan de la nouvelle cité, Paolo Mortara, s'adjoignit pour diriger les travaux un Corse nommé Alfonso d'Ornano.

 

Le 30 avril 1492 à l'extrémité du promontoire de Capo di Bollo, à l'emplacement appelé Punta della Leccia, la banque de Saint Georges fait poser la première pierre de ce château fort qu'on appellera U castellu. On y envoya des colons Liguriens et pendant longtemps le séjour n'en fut toléré qu'à un petit nombre de Corses privilégiés. Ce fut seulement en 1743 que disparurent entre les Ajacciens les distinctions d'origine.

 Capo di Bollo

Dans l'enceinte même de la citadelle on construit l'église Santa Croce et un moulin à vent qui va permettre aux habitants de la cité d'y apporter leur blé à moudre.

 

 

Plan de la cité génoise à la fin du XVème siècle.

 

A la fin du XVe siècle la nouvelle cité baptisée Aiacciu s'étend à l'intérieur d'un triangle délimité par la piazza del diamante, la piazza del olmo et la citadella.

En 1552, à l'arrivée des troupes françaises, le maréchal De Thermes, commandant militaire de la place, fera ceindre le château fort érigé par l'office génois de Saint Georges, d'épaisses murailles avec des tours et des bastion fortifiés: La tour Saint Charles, la tour de l'horloge, la tour des Jésuites, la tour des boucheries, le bastion du séminaire et celui du Diamant. En 1554, "A Citadella" est agrandie et la petite église de Sainte croix est détruite. En 1562, la citadelle sera complètement isolée de la ville par de larges fossés remplis d'eau de mer qui serviront également pendant un temps, de fosse commune.

 

Au milieu du XVIème siècle, le village compte plus de 700 habitants. Quand la Corse devint Française en 1769, la citadelle connut de nombreux aménagements:

En 1776, on construisit le pont d'accès en pierre; En 1784, les fossés, où stagnait une eau de mer putride, furent asséchés par ordre de l'administration Royale.

 Fossés de la citadelle

Jetée de la citadelle

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Dans la ville génoise qui se compose de 17 rues dans lesquelles s'alignent des maisons basse de deux ou trois étages et de trois ou quatre pièces sans luxe et sans confort, Ajaccio est à l'étroit. Pour accueillir la population qui s'accroît, certaines maisons sont surélevées à partir de 1768 mais le manque de place demeure.

En 1790, les murailles sont supprimées. En 1796, Bonaparte fait assainir le marais des Salines.  et en 1800, il ordonne la démolition des portes de la ville et fait procéder au démantèlement de la citadelle.

Les portes de la ville

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LE DEVELOPPEMENT D'AJACCIO

Armoiries d'Ajaccio

Armoiries d'Ajaccio

Il faudra attendre le XVIIIème siècle pour voir la cité se développer autour de l'enceinte fortifiée de la citadelle en suivant l'axe de 3 rues principales: La strada del Duomo (rue Forcioli Conti), la Strada del diamante (rue Roi-de-Rome), la Strada diritta (rue Bonaparte) qui se prolongera pour donner naissance au quartier di U Borgu (La rue Fesch) réservé aux paisani qui viennent s'établir à Ajaccio mais qui ne sont pas admis au delà des portes de la ville.

Des constructions commencent timidement à voir le jour le long du bord de mer. Au premier recensement de 1770, Ajaccio compte 3900 habitants. En 1786, d'après le plan Terrier, il y a environ 4700 habitants. La population atteindra 14000 habitants en 1872.

 

Rue Forcioli Conti

Rue Roi de Rome

Rue Bonaparte

Rue Fesch

 

Le cours Grandval

En 1800, la plupart des maisons sont rassemblées dans un espace restreint entouré par des remparts entre la citadelle et la Piazza d'Olmo. A l'extérieur, u borgu qui s'est développé lentement depuis le XVIème siècle et dans la campagne environnante quelques maisons. Le manque d'eau, malgré quelques citernes qui récupèrent l'eau de pluie, est toujours aussi cruellement présent.

Sous l'impulsion de Napoléon alors 1er Consul, Ajaccio va rapidement se développer : Aménagement de la Piazza del olmo (place des palmiers)et ouverture d'une voie vers la grotte (le grand cours - aujourd'hui le cours Grandval), assèchement des marais des salines, adduction des eaux de Lisa, aménagement du quai de la calata (en bordure de la place du marché), aménagement du Cours Ste Lucie (u stradone, futur cours Napoléon), agrandissement de la piazza di u diamante.

Bonaparte confie à Miot le soin de surveiller l'application de ses directives.

 

A la fin du XIX siècle la population Ajaccienne est de 20000 habitants.

La place des Palmiers

Les Quais

Le cours Napoléon

La place du Diamant

 

AJACCIO EN CE TEMPS LA

Étriquée derrière ses murailles, Ajaccio étouffe. Au delà de la piazza del Olmo (aujourd'hui place Foch) il n'y a que le jardin Négroni et des exploitations agricoles. Et puis, brusquement la ville prend son essor avec un quartier neuf qui s'étale vers Saint Lucie : U Borgu. Les maisons sont basses, certaines, rares, aux dimensions imposantes, appartiennent aux notables.

On est surpris par le nombre des édifices religieux pour une cité qui ne compte que 3000 habitants; mais il faut bien enterrer les morts quelque part... car les morts sont nombreux en ce temps là... et on meurt jeune. Une famille de 11 enfants espère raisonnablement que 5 survivront (de préférence des garçons car les filles sont mises de côté et exclues de la succession du patrimoine). La jeunesse est parcourue à pas de géant et l'homme est un vieillard à 50 ans (quand il atteint cet âge). Le mariage, parfois à quatorze ans pour les filles est bien souvent une obligation, une raison sociale. La naissance d'un enfant bâtard, est une excommunication irréversible et c'est pourquoi, le nombre d'enfants trouvés est à cette époque aussi élevé, même en Corse où les jeunes filles étaient réputées pour être des modèles de vertu.

La misère, l'illettrisme, maintiennent les gens du petit  peuple (il popolare) sous la férule des notables (i citadini). Les Corses, dont le patronyme est naissant (ils ont pour la plupart emprunté le nom de leur village: les Alata, les Tavera, les Bocognano, les Carbuccia, ou un surnom lié à leur profession: les Fornari, les marinari, ou encore un sobriquet : Bellacoccia, Ballalo, Porcu, Scalzo, sciancu), s'opposent aux Génois qui sont arrivés avec leur identité déjà bien établie : les Peraldi, les Baciocchi, les Bonaparte, les Pozzo-di-Borgo, les Benielli, les Forcioli, les Cunéo, les Cataneo, les Levie, les Conti, ces notables fortunés (i magnifici anziani) ; des familles qui gouvernent Ajaccio et qui, quoique divisées en apparence par leurs opinions, demeurent constamment unies par des intérêts communs. Rien ne se fait que par elles et pour elles en dépit de l'autorité... une aristocratie de personnes qui en solitaires agissent en Ladri, mais se montrent vertueuses dès qu'il s'agit de paraître et que la révolution va placer aux premiers rangs du pouvoir économique et administratif.

 

 

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Dernière mise à jour pour cette page : 24 octobre 2018